Fête de Sainte BARBE 2017 à la mine de sel de Varangéville

Les Salines Ste Marie et St Laurent d'EINVILLE



L'extraction du sel a longtemps constitué l'activité principale de la commune d'Einville-au-Jard située dans la basse vallée du Sânon en Lorraine , traversée  par le canal de la Marne au Rhin , elle compte 1250 habitants et fait partie des Pays du Sânon.



 En 1870 , deux sociétés se disputent son sous-sol salifère  , la Société Hannezo , aujourd'hui Saline Ste Marie dite Saline d'Einville et la société Colombier qui deviendra  Saline St Laurent .


Les deux salines construites le long des méandres du canal

La Saline d'Einville , toujours en activité , commencera son exploitation en 1871 sur la concession de la Sablonnière qui s'étend sur les territoires d'Einville, Maixe et Serres.

 A partir de 1874 , 10 salles d'évaporation seront construites jusqu'en 1895 atteignant une production de 7000 tonnes par an de sel grené.


Les Saulniers mettent à sécher le sel grené au-dessus des poêles.


Payés à la tâche les Saulniers tiraient le sel des poêles qu'ils stockaient en tas sur le manteau supérieur , aprés quelques heures de séchage le sel était retiré puis emmagasiné.
Dés l'origine un embranchement fluvial particulier relié au canal de la Marne au Rhin , permettait le chargement du sel en vrac ou en sacs jute de 50kg  ainsi que le déchargement du combustible , l'embranchement sera supprimé et comblé en 1954.



A droite une péniche accostée au bord du magasin à sel vers 1895


En 1922 , la Saline avec une cinquantaine d'employés , va assurer son indépendance vis à vis des producteurs de sel groupés en comptoirs de vente , en adhérant au nouveau mouvement coopératif de Lorraine.

 Aprés guerre , le nombre de Saliniers va  en augmentant une centaine d'hommes en 1950 et une trentaine de femmes pour l'ensachage du sel sec.


Atelier d'ensachage en 1935


A partir de 1985 , aprés le démantélement du groupe  des " Coopérateurs de Lorraine " , la  Saline d'Einville devenue indépendante connait de grandes difficultés, qui ont failli compromettre son existence.


Au début des années 1990, sous l’impulsion des cadres dirigeants , une stabilité financière est retrouvée permettant la reprise des investissements et surtout la reprise de la production de sel sur le site d’Einville , alors que depuis plusieurs années, une grande partie du sel conditionné provenait de l’extérieur.

La Saline d'Einville a conservé la technique des sels de poêles , dans laquelle la saumure chauffée évaporant l’eau , permet la récolte manuelle du gros sel à l’ancienne ; 25 %  sur les 25 000 tonnes de sel  produit annuellement provient de cette méthode.

 Croquant et fondant à la fois, le sel d’Einville  séduit les papilles par la légèreté des cristaux et dévoile aux gourmets une saveur unique très appréciée des connaisseurs.


" Moulins , Salinettes ,  Pétales de sel à l'ancienne , Diabolos " 
font partie des emballages de la Saline d'Einville  référencée dans la grande distribution. 


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En 1869 , constitution à Lunéville de l'association Colombier- De la Ruelle pour une durée de 99 ans.L'usine occupe près d'Einville un emplacement de 4 ha sur la rive droite du canal de la Marne au Rhin.


Sa dénomination : Société anonyme des Mines de Sel et Salines Saint Laurent à Einville.


Comme la saline Ste Marie , la construction démarre fin 1871 , la concession s'étend sur les communes d'Einville , Valhey , Raville , Bienville et Bonviller pour une superficie de 1089 ha.
Elle aura la particularité comme à Varangéville d'exploiter avec la saline, une mine de sel gemme.

A partir de 1871 un puits est foncé pendant quatre ans , l'exploitation de la mine commence en 1887 par creusement de galeries de 10 à 15 m de large sur 4,50m de hauteur, 35 000 tonnes de sel gemme seront extraites cette année là et expédiées vers la soudière Solvay de Dombasle.



Roulage du minerai de sel , Mine St Laurent d'Einville.


Avant la première  guerre vers 1908 , elle produira 8500 tonnes par an de sel ignigène et 48 000 t de sel gemme avec un effectif d'une soixantaine d'employés, elle occupera le 5ème rang des salines de l'Est. 
Comme à la Saline Ste Marie , la proximité du canal sera bénéfique , St Laurent possédera même une petite flotte fluviale de trois péniches tractées.
En 1902 , un petit train reliant Lunéville distant de 10 km , servira aussi au commerce des produits ensachés , son embranchement industriel jusqu'au port d'Einville fonctionnera jusqu'en 1942.


Le train roulait sur une voie unique de 1 m de largeur .


En 1922 , une majorité du capital de St Laurent va entrer dans celui des salines de Varangéville , la saline va connaitre un essor important employant juqu'à 200 employés avant la deuxième guerre mondiale.

Vers 1950 c'est le déclin , la Société Salinière de l'Est va commencer l'absorption des salines de la vallée du Sânon , les Mineurs de St Laurent seront mutés à Varangéville .

En 1953 l'extraction du sel gemme de la mine est arrétée , la fermeture progressive  va s'accentuer avec en 1962 , l'arrét du sel ignigène et la destruction d'une partie des bâtiments , la concession de 99 ans ne sera pas perpétuée.
Jusqu'en 1993 , un bus assurera le transport du personnel salinier reconverti à Varangéville .


Aujourd'hui seul le chevalement du puits d'accès à la mine appartenant à CSME est visible ainsi que quelques bâtiments privés.


   Doc : La mémoire du sel