Mines et salines de Lorraine

Le Salin de Kaolack

Le Sénégal , pays d’Afrique de l’Ouest de 14 millions d’habitants est bordé par la Mauritanie, le Mali, la Guinée, la  Guinée Bissau et par l’Atlantique à l’Ouest ; il s’étend sur une superficie de 196 722 km2 coupée au Sud par l’enclave de la Gambie.

Avec en moyenne 400 000 tonnes de sel produites chaque année, le Sénégal est le 1er producteur d’Afrique de l'Ouest.
Le sel considéré comme un produit de l’agriculture se récolte dans les marais salants, la sécheresse et le recul de la mangrove entraînent une grande partie de la population du littoral à se lancer dans l'activité de sauniers.
Le Saloum long de 250 kms, après avoir formé un delta avec le fleuve Sine se jette dans l'océan Atlantique.Il arrose Kaolack ville de 180 000 habitants, Capitale d'une des 14 régions administratives du Sénégal, elle abrite le plus grand marché du Sénégal de l’arachide avec son usine Lyndiane. La région est également renommée pour sa production d’anacardiers (noix de cajou), et pour les marais salants des Salins.

Le delta, caractérisé par une forte rétention de sel, le bras de mer du Saloum en étant la cause et son débit assez lent laisse entrer l'eau de mer de plus en plus profondément dans les terres favorisant la cristallisation du sel grâce à une température moyenne annuelle comprise entre 22 et 30°.



Les Salins du Sine Saloum (SSS), jouxtant le port de Kaolack s’étendent à perte de vue sur la rive sud du Saloum, spécialisés dans la production de sel solaire raffiné à partir de l’évapo-cristallisation des marais salants.
Les Salins du Sine Saloum datant de l’époque coloniale ont été partiellement rachetés par la Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l’Est en 1965.
L’exploitation du sel marin se faisait à l’époque coloniale par des bagnards. Au fil des années, elle a été réglementée pour employer les populations de villages environnants et un personnel résidant à l’époque sur l’exploitation.
De nos jours, l’exploitation mécanisée se fait par un système de pompage qui avec la marée  remplissent d’eau salée un marigot. 
Cette eau est ensuite conduite dans des bassins où la concentration en sel deviendra de plus en plus forte. La saumure est ensuite dirigée vers des tables salantes qui sont divisées en plusieurs secteurs reliés par des conduits permettant un total remplissage.

Ensuite le soleil, facteur important dans ce cycle, permet l’évaporation pour obtenir une concentration maximum. Les phénomènes d’irrigation et d’évaporation se répètent plusieurs fois jusqu'à obtenir la couche de sel désirée.


A ce stade, des récolteurs et tracteurs viennent prélever la couche de sel obtenue pour l’acheminer dans des zones de lavage. Ce sel contenant de la boue et du sable est écoulé en puits peu profond de 5 à 6 mètres, permettant à partir d’un arrosage forcé d’eau douce de le débarrasser de ses impuretés. Après traitement il est stocké, devenu sel blanc raffiné, il peut-être conditionné et mis en sacs ou en sachets  polyéthylène avant d'être expédié à la demande des clients.

Le sel produit dans les salins de Kaolack est iodé pour répondre aux normes internationales. Chaque année, la récolte se fait de février à juin. L’exploitation sur 1200 ha produit annuellement environ 230 000 t de sel  vendu uniquement sur le continent africain sous la marque phare SSS-Star Brand.
L'exploitation mécanisée emploie annuellement une centaine d’employés permanents et 150 temporaires.



L’état du Sénégal détient 49% des actions, la CSME (Compagnie des Salins du Midi et des salines de l’Est) 51%. Le Conseil d’Administration des salins est composé, des représentants de l’État du Sénégal dont le Gouverneur de la région de Kaolack, et des principaux actionnaires. Le Président du Conseil d’Administration est nommé par l’État du Sénégal.
Source : Lycée Valdiodio Ndiaye, le sel à Kaolack.

La filière sel fait cependant vivre des centaines  d’autres familles dans le pays, la plupart sont des paysans qui cultivent du mil ou de l’arachide et qui ont trouvé là une activité d’appoint. Le sac de 25 kilos est vendu entre 300 et 800 francs CFA (environ un euro). C’est du sel brut, non lavé, non raffiné par manque d’unités industrielles de raffinage, donc sans valeur ajoutée.



Les ramasseurs dans l'eau jusqu'à la poitrine s'échinent sous le soleil avec des pics pour casser la croûte de sel déposée au fond des marais. Ils recueillent le sel à la pelle ou en cabas pour le faire sécher au soleil avant d’être chargé et transporté en pirogues jusqu’à Dakar ou en charrettes jusqu’à  Tambacounda.
Des chargements en camions sont également expédiés pour être vendus vers le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et jusque sur les marchés du Gabon et du Congo.
Même si le grand public consomme du sel brut, un marché en raffiné existe au Sénégal pour l’agro-alimentaire  puisque paradoxalement on importe dans le pays pour près de 2 milliards de francs CFA de sel pur.
Source db : Web