Collection "Sel de Varangéville" (clic)

DÉCOUVRIR LA MINE DE SEL et son musée A VARANGÉVILLE : LORRAINE- RÉGION GRAND-EST.

 Visite guidée à pied d'environ 3 heures dans la dernière mine de France en activité à 160 mètres sous terre (possibilité de restauration dans "la galerie du mineur" )                                                   "clic" sur l'image pour plus d'informations pratiques.


Les ateliers d’empaquetage au siècle dernier

Le temps passé de l’empaquetage


Dans les années 1960, les ateliers d’empaquetage de Varangéville comptaient une soixantaine de femmes réparties entre la saline St Nicolas de Varangéville et la saline Maugras de Rosières-Varangéville. Les ouvrières embauchaient à 4 h du matin pour un travail pénible majoritairement manuel souvent payé « aux pièces » dans des locaux vétustes, mal chauffés et très poussiéreux en sel, les 8 h au poste étaient entrecoupées d’une pose « casse-croûte » de 20 minutes. Le travail demandait une certaine dextérité pour la précision de remplissage des salières boîtes, sachets ou étuis de sels spéciaux et pour la qualité des produits finis. Les nouvelles fabrications de briquettes compressées  pour l’agriculture venaient de débuter, les blocs de sel comprimés allaient remplacer les quartiers choisis de sel gemme brut de la mine. Leur mise sous blister ainsi que l’emballage se devaient d'avoir une finition parfaite sans écailles après être conditionnés par 2 en caissettes carton et rangés sur palettes.


Mise en caissettes du sel nitrité en 1972

Comme le travail n’était pas toujours régulier, le personnel féminin était également utilisé pour les besoins de la mine à la fabrication de « gossettes »  des cylindres de sel en papier kraft qui servaient de bourre derrière les charges d'explosifs pour l'abatage au front de taille.

Quelques machines assuraient le remplissage des sachets papier, des étuis carton ou des boites verseuses, mais la plupart des opérations d’approvisionnement de fournitures, d'emballages, de mise en caisses ou sur palettes restaient manuelles.

Après la fusion de la Société salinière de l’Est à la marque de la SOciété COmmerciale des SELs avec la Compagnie des Salins du Midi en 1968, la marque "Socosel" deviendra " Salinor" pour Varangéville.

Une nouvelle ensacheuse fardeleuse Suisse va être installée à Varangéville en 1971 (la PKT). Cette ligne formait des sachets papier de 1 kg à partir de bobines papier imprimées sur place, les remplissait de sel fin ou gros sel, les fermait par collage, les pesait pour les regrouper en fardeaux de 10 kg rangés sur palette par 2 femmes.




Ensacheuse fardeleuse en 1974
Avec une production de 40 tonnes  par poste de 8 h, la production annuelle commercialisée de la PKT en 1971 était de 2500 t. En 1984 une automatisation de la mise sur palettes soulagea le dos des préposées à cette fonction qui transféraient chacune 20 t de paquets à chaque poste de travail.

Après presque 40 ans de fabrication de paquets de sel, cette machine très performante (105 sachets d'un kg par minute) sera réformée à la fin des années 2000 après des productions record de 12000t  en 1993.


Après la décision de démolition de la saline Maugras deux lignes de machines furent remises en service à la grande saline, de vieilles et robustes machines doseuses qui remplissaient des sacs poly 5 kg pour l’ensachage du sel de collectivités et du sel nitrité destiné à la viande, ainsi qu'une emboîteuse qui réalisait des étuis carton 1 kg à la marque Salinor les remplissant de sel compacté pour le régénérant vaisselle. Très peu automatisées ces machines nécessitaient de nombreuses opératrices. A la suite de la création d’un atelier spécifique pour le sel nitrité et devant l’expansion du marché de l’adoucissement des eaux, ces machines furent abandonnées en 1982 au profit d’un nouvel atelier * « 3/6  Aqua » construit en 1979 pour le traitement de l’eau.

(*3/6 calibrage du sel compacté pour régénérer les résines qui débarrassent le calcaire de l’eau dans les lave-vaisselles ou les adoucisseurs)

En 1980, la production annuelle de sel Aqua était de 15000 t, conditionné en baril de 4 kg, l’atelier comptant une quinzaine de personnes connaîtra une activité très soutenue pendant une dizaine d’année avec en supplément de sa marque propre "Aqua", les commandes des Sociétés Lever et Palmolive faisant travailler l’atelier par équipes en 3 postes de 8 h pour l’année 1989.

Le début des années 1990 verra l’arrêt du conditionnement en baril sel régénérant suite à l’introduction sur le marché du détergent sous forme de tablettes : un format pratique apportant la juste dose de produit de lavage et régénérant signant l'arrêt de l'atelier, seul la vente en vrac de sel 3/6 perdurera en camions citernes.

Pour la partie sel de table les boites verseuses Salinor étaient d’abord métalliques, fabriquées par les établissements «  Ferembal » à Jarville et expédiées par camions à la saline pour leur remplissage et sertissage jusqu’en 1983.


Fin 1984, une nouvelle ligne de fabrication de mise en barquettes de boites verseuses carton est venue remplacer et compléter les installations existantes. Elle sera automatisée par le personnel de maintenance de l’époque.

Permettant de conditionner indifféremment du sel de mer « La Baleine » importé d’Aigues-Mortes en big bag ou en sel raffiné criblé « Salinor » de Varangéville, les boites à la marque des Salins du Midi étaient commercialisées en zone nord sous 3 formats 250, 500 et 750 grammes.

La ligne de fabrication sur 2 niveaux était constituée en étage d’une machine typographique imprimant les planches papier des marques "Salinor ou La Baleine"  et d’une spiraleuse. Cette machine, à partir de 3 laies papier spiralées formait des tubes cartonnés en continu suivant les formats de commercialisation. Les tubes tronçonnés à la longueur des formats de boîtes, recevaient ensuite une planche imprimée des marques selon les demandes des zones nord ou sud.

Transférés au rez-de-chaussée par des glissières à rampes vers une encapsuleuse, les ébauches  recevaient d'abord un fond métallique serti, qu'un fond plastique collé remplacera au fil du temps. Les contenants  passaient ensuite sous un choix de remplisseuses volumétriques de sel selon les formats 250, 500, ou 750 g avant de recevoir en partie haute le couvercle verseur ou saupoudreur collé.

On reconnaît sur la boîte de gauche la période intermédiaire avec le fond métallique serti et le couvercle plastique collé.

Après ces nombreuses opérations les boites étaient regroupées par 12 dans des barquettes formées sur d’autres machines puis équipées d’un film polyéthylène rétracté dans un four électrique pour être mises au final sur palette. Chaque palette terminée les opératrices « tournaient » c’est-à-dire qu’elles changeaient de machines permettant d’éviter la monotonie du poste et apportant la polyvalence aux opératrices.

Lorsque cette installation fonctionnait, elle nécessitait une quinzaine de personnes depuis la distribution des ateliers de criblage des sels jusqu’à l’acheminement vers les halls de stockage et d'expéditions. L’atelier des boîtes verseuses fonctionnera  jusqu’en 1993, date ou la fabrication sera reprise par les Salins d’Aigues-Mortes.



Le début des années 1990 avec l’arrêt des différents ateliers d’empaquetage conduira à la reconversion puis à la mutation du personnel féminin dans tous les services de la saline. En 2009, l’arrêt définitif de la ligne PKT/TVK signera la fin du temps de l’empaquetage à Varangéville. Désormais les anciens ateliers servent de halls de stockage pour d’autres produits élaborés en saline.

Doc : collection db "le salinier"