Mines et Salines de Lorraine

Implantation des salines dans le bassin salifère de Nancy au XIXème siècle

Connu depuis l'antiquité sous forme de sources salées à Rosières-aux-Salines, le gisement de sel du Keuper inférieur issu de l'évaporite d'une très ancienne mer germanique datant de 220 millions d'années, n'a été exploité de manière industrielle qu'à partir du 19éme siècle.

Suite à une forte demande de sel en particulier pour la chimie minérale et ses dérivés, c'est le début de l'implantation d'une industrie salifère moderne en Lorraine entre Meurthe et Sânon, auparavant la production du sel était concentrée dans la vallée de la Seille annexée par le Traité de Francfort en 1871. Ce bassin  de Dieuze-Sarralbe où toute exploitation a cessé aujourd'hui, comportait 211 concessions jusqu'en Alsace, mais l'exploitation est restée très localisée aux communes de Sarralbe, Dieuze, Château-Salins, Vic-sur-Seille et Moyenvic.


Au 19ème siècle, de nombreux sondages de puits d'eaux salées furent donc entrepris en Meurthe et Moselle en vue de l’exploitation du gisement de sel gemme, concentrés dans un rayon de 20km au sud-est de Nancy  16 sites d'exploitation se répartiront  23 concessions pour une superficie d'environ 15 000 hectares, le nouveau canal de communication entre la Marne et le Rhin qui vient d'être terminé en 1853 facilitera l'essor de ces salines.

Carte des concessions d'exploitation du gisement salifère au XIXème siècle
selon publication de la Chambre de Commerce de Meurthe et Moselle en 1908.

Attribution des Concessions et de leur superficie au profit des salines de Meurthe et Moselle.
Les salines ne portant pas forcément le nom des concessions.

Redécouvrez un peu d'histoire de ces anciennes salines qui ont pour la plus part complètement disparues.
En cliquant sur chaque concession

 Rosières-aux-Salines, en 1845-1852-1855-1881, 848 hectares pour la Société des salines de Rosières-Varangéville dont un puits de mine.
_
Saint Nicolas, en 1855-1878, 769 ha pour la Compagnie MM Marchéville Daguin dont un puits de mine.
_
Art-sur-Meurthe ,en 1858-1879-1889, 1130 ha pour la Cie Saint-Gobain  Chauny et Cirey.
_
Sommerviller, en 1858-1881-1886, 1101 ha pour la Sté des salines de Sommerviller.
_
Dombasle, en 1864-1882, 726 ha pour la Sté Octobon et Cie.
_
Pont de St Phlin, en 1872-1880,  562 ha pour la Sté des salines de Laneuveville-devant-Nancy.
_
Saint Laurent Charmel ,en 1872-1883-1902, 1089 ha pour la Sté des salines de St Laurent à Einville dont un puits de mine.
_
La Sablonnière ,en 1872-1880, 703ha pour Sté des salines d'Einville Maixe.
_
Crévic, 1873, 419 ha pour Sté des salines de Crévic._

Portieux, 1875, 450 ha pour  Sté des salines de Rosières.
_
Sainte Valdrée,  en 1877-1882 , 602 ha pour Sté des salines de St Valdrée.
_
Flainval, 1879, 799 ha pour MM Solvay et Cie.
_
Les Aulnois, 1881, 339 ha pour  Sté des salines des Aulnois.
_
Maixe, en 1881-1883, 568 ha pour Salines de Maixe.
_
La Madeleine, 1881, 605 ha pour MM Marchéville Daguin et Cie.
_
Jarville, 1881, 324 ha pour Sté anonyme des mines de sel de Jarville.
_
Les Haras, 1882, 524 ha pour Sté anonyme des salines des Haras.
_
Tomblaine, 1885, 357 ha pour Sté des salines de Tomblaine.
_
Haraucourt, 1886, 811 ha pour MM Solvay et Cie.
_
Bosserville, 1889, 302 ha pour Sté des salines de Bosserville.
_
Drouville1894 , 466 ha pour Sté des produits chimiques et soudière de la Meurthe.
_
 Une dernière concession excentrée dans le val de Moselle  Tonnoy 1901, 762 ha pour Sté des salines de Tonnoy.
_
Aujourd' hui le bassin de Nancy est toujours exploité à partir d'une trentaine de concessions attribuées à 4 exploitants que sont les sociétés Solvay, Novacarb, Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l'Est (CSME) et Saline d'Einville, qui concentrent leurs activités sur un ensemble de 11 concessions.


Source db : Bibliothèque privée M Dequéant.